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2017-05-31T14:19:41+02:00

Une petite histoire personnelle d'adoption

Publié par Ratterie Lvm

Aujourd'hui, j'ai vécu une expérience particulière. J'aimerais la partager, parce qu'elle m'a fait réfléchir.

Depuis quelques temps, je cherche à adopter un animal. Il ne s'agit pas d'un rat. Il s'agirait de ma première adoption dans cette espèce (et même dans cette classe biologique), autant dire que je suis novice. Novice, mais renseignée, entendons nous bien. Comme n'importe quel.le adoptant.e, je me suis inscrite sur des forums de passionnés, sur des groupes Facebook, j'y ai lu les articles, posé des questions, noté dans un carnet tout ce qu'il était bon de savoir et longtemps réfléchi (pendant plusieurs années à vrai dire...). Depuis quelques semaines, j'ai franchi d'un pas timide la première marche vers mon adoption: j'ai contacté des éleveurs. 

"J'ai glissé, chef !"
J'ai contacté 7 éleveurs dans ma région et alentours, en recherchant de plus en plus loin. Sur ces 7 éleveurs:
* 1 utilisait des méthodes de reproduction allant à l'encontre de mes convictions éthiques: j'ai passé mon chemin
* 1 a répondu à mes premières questions, puis après silence radio: l'aurais-je fatigué à vouloir à tout prix savoir où j'adopte ?
* 4 n'ont même pas pris la peine de répondre (3 d'entre eux ayant des bébés à l'adoption, je suppose que je les ai fatigués dès le départ cette fois-ci...). 
* 1 a répondu... Et c'est peut-être la situation la plus bizarre, inopportune et contraignante qu'il m'ait été donné de vivre dans le milieu animal. 

"Pendant ce temps, à Vera Cruz..."
Au milieu de questions et réponses concernant les conditions de vie des animaux chez l'éleveur et les conditions de vie futures de l'animal chez moi, ainsi que de l'envoi de photos de part et d'autre (des installations pour moi et de l'animal à différents âges pour lui), je me suis retrouvée prisonnière d'un cercle de drague malvenu particulièrement désagréable. Sous une espèce de mélange de paternalisme et de machisme bienveillant, j'ai subi les appels à la séduction non désirés de cet éleveur. Même en essayant de casser sa motivation (je suis mariée, mais lui aussi et cela n'a pas l'air de le mettre mal à l'aise...), j'ai été contrainte de subir ses réflexions mal placées.
Sauf que voilà... Il semble bon éleveur, ses installations sont correctes, sa reproduction est sérieuse et correspond à mes attentes. Que faire ? Je ne veux pas aller en animalerie, je peux continuer à chercher d'autres éleveurs plus loin encore. 
Mais... J'ai vu cet animal en photo, il me plaît, l'adoption peut se faire. Je suis déjà en quête d'un nom pour lui...
J'ai vraiment envie d'adopter cet animal, alors je vais probablement me taire, faire le dos rond et tâcher de ne pas encourager cet éleveur dans cette voie (j'ai aussi exigé la présence de mon mari lors de l'adoption...). C'est la première fois que j'adopte sans ressentir cet habituel petit frisson d'excitation et d'anticipation...
Cette histoire m'a fait réfléchir, et j'en arrive enfin au sujet de cet article... 

"Dans la vie, il y a ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent. Toi, tu creuses"
Professionnalisme. Le mot n'est pas idéal, j'en conviens. Mais je n'ai pas trouvé d'équivalent approprié alors vous m'excuserez d'utiliser celui-ci. 
Les règles sont connues et générales pour tous: adopter en élevage permet d'adopter un animal élevé dans de bonnes conditions, à la généalogie suivie et plus ou moins contrôlée... Mais il existe aussi des règles non écrites tacites. Ainsi: un éleveur n'a pas à draguer un adoptant. 
Dans le délicat processus d'une adoption, le respect doit être mutuel. L'éleveur doit accueillir l'adoptant de manière professionnelle et uniquement pour ce qu'il peut apporter à l'animal. Genre, couleur de peau, inclinaisons sexuelles... rien de tout cela n'a à faire au beau milieu d'une adoption ! La drague n'en fait pas partie non plus, surtout quand elle est unilatérale. Draguer un nouvel adoptant (et donc un inconnu) c'est utiliser la toute petite supériorité que l'on possède sur lui ("j'ai l'animal que tu convoites et je peux décider de ne pas te le confier...") et c'est abusif, rabaissant et injuste. 
C'est ainsi que je ressens cette aventure, et bien que je pense garder une distance cordiale et un respect mutuel avec mes adoptants, je sais que je ferrais d'autant plus attention à l'avenir...
 

"Commence par finir ce que tu commences !"
J'ai enfin appris une dernière chose. 
Un adoptant mérite toujours une réponse claire. Même si l'on a pas de bébés à adopter, même si l'on a une liste de réservations longue comme un jour sans pain. Et oui, même s'il faut répondre pour la 1055237 fois à la même question (ne serait-ce que pour donner le lien du site Internet où la réponse apparaît...). Certes, nous avons tous une vie et personne n'a le droit de se plaindre qu'un éleveur n'a pas répondu du tac-au-tac. Mais la réponse, même tardive, est dûe. 
Je suis bien placée pour le savoir: c'est fastidieux et parfois agaçant. Mais quand on se prétend éleveur, on en assume les bons comme les mauvais côtés. C'est aussi ça, le professionnalisme. 

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